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Mai 2007

Toute l'information sur le Bio


L'agriculture biologique, solution mondiale?
La conférence internationale sur l’agriculture biologique et la sécurité alimentaire qui s’est tenue du 3 au 5 mai à Rome a laissé entrevoir dans ses conclusions que l’agriculture biologique aurait le potentiel nécessaire à la satisfaction de la demande alimentaire mondiale. Selon un groupe de chercheurs danois, cette solution, longtemps écartée en raison d’une production par nature moins intensive, pourrait s’avérer l’une des plus rentable en terme de sécurité alimentaire, pérenne et adéquate.

Durant trois jours, une série de conférence sous l’égide de l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a permis de traiter un large panel de sujets dont l’aquaculture biologique, les produits agricoles, les denrées alimentaires, fibres, produits médicinaux ou les matières premières cosmétiques.

La définition « biologique » retenue lors de ces conférence au sein du Codex Alimentarius est que « l’agriculture biologique est un système de gestion globale de la production qui exclut l’utilisation d’engrais et de pesticides de synthèse et d’organismes génétiquement modifiés, qui réduit au maximum la pollution de l’air, du sol et de l’eau et qui optimise la santé et la productivité de communautés interdépendantes de végétaux, d’animaux et d’êtres humains ». Selon le rapport, sa principale caractéristique est qu’elle s’appuie sur des biens de production disponibles sur place et n’utilise pas de carburant fossile ; le recours à des procédés naturels améliorant aussi bien le rapport entre les coûts et l’efficacité que la résistance des écosystèmes agricoles aux effets du climat.

C’est lors de la dernière journée, consacrée à la capacité des systèmes agricoles à nourrir plus de population, que la viabilité de l’agriculture biologique a été débattue. Il en est ressorti, selon les travaux de chercheurs du centre de recherche danois pour les aliments et l’agriculture biologique, qu’une conversion au bio de la moitié des exploitations agricoles en Europe et Amérique du Nord d’ici 2020 n’aurait aucune incidence négative sur l’approvisionnement global.
Certes, la production alimentaire mondiale baisserait dans un premier temps, mais de façon moins importante qu’estimé auparavant. La hausse des prix qui s’en suivrait pourrait être compensée par une amélioration de la qualité des terres et par d’autres avantages liés à ce type de culture.

Au niveau régional, cette conversion pourrait pallier à la malnutrition, notamment dans les pays d’Afrique Subsaharienne, en réduisant la dépendance aux importations. Les agriculteurs profiteraient ainsi d’une baisse des coûts de production grâce à l’abandon des engrais coûteux et cultiveraient des aliments plus variés et plus résistants. Cette conversion à l’agriculture biologique serait d’autant plus appropriée que les populations souffrant de malnutrition dans le monde sont amenées à augmenter et que les effets du changement climatique nuiront avant tout aux pauvres selon les conclusions du groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) d’avril 2007.

Toutefois, pour être viable, ce schéma nécessite que certaines conditions soient réunies, en particulier la connaissance agroécologique et la disponibilité de la main d’œuvre. Selon l’experte de la FAO Nadia Scialabba « l’exigence d’une main d’œuvre en nombre suffisant et les gains qui en découlent offrent, là où cette ressource est la plus abondante, des opportunités d’emplois tout en sauvegardant les moyens d’existence des ruraux ». Cette contrainte de main d’œuvre soulève toutefois un autre problème dans des régions où les populations sont rares car décimées par le sida.

Afin que l’agriculture biologique puisse développer pleinement son potentiel au niveau mondial, le rapport final incite donc les gouvernements à « allouer des ressources à l’agriculture biologique et à intégrer ses objectifs et ses actions dans leurs stratégies nationales de développement agricole et de réduction de la pauvreté, en mettant l’accent sur les besoins des groupes vulnérables ». Il insiste aussi sur l’importance de l’investissement pour le développement des ressources humaines et la formation en agriculture biologique dans le cadre des stratégies de développement durable.
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