 |

 |
 L’affaire est dans le sac ! |
 |
La distribution de sacs plastiques aux consommateurs a longtemps été automatique, au point que ces sacs font maintenant partie de nos habitudes de vie. Ils sont utilisés non seulement pour le transport des denrées mais s’octroient aussi une deuxième vie en devenant des sacs poubelles d’appoint.
La durée d’utilisation d’un sac plastique est en moyenne de 20 minutes, alors qu’il met 400 ans pour se dégrader… 17 milliards de sacs de caisse sont distribués en France chaque année, soit 500 chaque seconde, ce qui représente 2 Kg par an et par personne !
Outre la durée de décomposition, les impacts de ces sacs plastiques sont nombreux, ils génèrent des émissions de gaz à effet de serre si ils sont incinérés, participant ainsi à l’acidification atmosphérique et à la formation d’oxydants photochimiques. La pollution visuelle, l’utilisation d’encre, d’additifs et parfois d’oxyde de titane contribuent également à la destruction de la faune et de la flore.
D’un point de vue strictement économique, le prix du plastique est voué à la hausse, suivant celui du pétrole dont il est issu. Et si son coût n’est pas visible en caisse, il est bel et bien répercuté sur les produits commercialisés.
Dès le 1er janvier 2010, la distribution et la commercialisation des sacs ou emballages plastiques non biodégradables seront enfin interdites sur le territoire français.
Dégradable ou biodégradable ?
Un sac n’est pas biodégradable par le simple fait de ne plus être visible dans la nature après quelques semaines, ainsi certains sacs plastiques à base de polyéthylène contient un additif permettant la fragmentation du polyéthylène, ils sont dégradables mais non biodégradables puisque le polyéthylène est toujours présent sous la forme de particules de fine taille.
Un matériau est dit biodégradable lorsqu’il est dégradé par des micro-organismes et qu’il correspond à la norme NF EN 13 432.
Les paramètres pris en compte pour certifier la biodégradabilité d’un produit sont notamment la durée (quelques semaines pour un sac), les conditions climatiques, le type de sol, la composition chimique initiale du matériau, la toxicité et le compostage.
Les chercheurs ont orienté leurs recherches sur les plantes qui pourraient être à la source de matières utilisables pour remplacer les plastiques, les plus avancées portent sur les amidons extraits de la fécule, substance présente dans les organes souterrains des plantes.
Les sacs en matière végétale sont des produits de choix pour le compostage industriel, agricole, ainsi que pour les jardiniers amateurs puisqu’ils se dégradent à des températures relativement basses. Ainsi, un sac en amidon de maïs est 100% biodégradable en trois à quatre semaines, totalement consommé par les micro-organismes présents dans le sol, les rivières ou les océans.
La fabrication de ces sacs issus de matières premières renouvelables demande cinq à sept fois moins d’énergie que le sac en papier ou en plastique et génère moins de gaz à effet de serre. De plus, ces sacs consomment au cours de leur cycle de vie (de la production de matière à l’élimination en fin de vie) 1,3 fois moins d’eau que le sac plastique.
Les sacs en matière végétale ont moins d’impacts négatifs sur l’environnement que les sacs en papier. De fait, s’il est vrai que les sacs en papiers utilisent les stocks de vieux papiers et cartons, pour un même service rendu on note 14% de consommation d’énergie en plus, 82% d’émission de gaz à effet de serre, 83% d’acidification atmosphérique et 150% de production des déchets.
Cependant le recours aux biomatériaux n’est pas synonyme d’absence totale d’impact sur l’environnement : l’utilisation de sacs biodégradables ne pourrait être totalement pertinente que si la filière compost était développée, or celle-ci ne l’est que très peu en France.
L’amidon utilisé pour la fabrication est issu de la culture du maïs, qui requière beaucoup d’eau et de pesticides. En effet, pour assurer un certain rendement, la culture de maïs nécessite une importante quantité de produits azotés qui posent alors le problème de l’eutrophisation des eaux superficielles… D’autres impacts sont également à prévoir, notamment les dangers d’une monoculture et l’utilisation des OGM.
Ces impacts pourraient être réduits grâce à l’utilisation d’un produit d’origine autre que le maïs. Mais la difficulté principale est de trouver un produit de qualité suffisante et constante. L’utilisation d’amidon de pomme de terre est actuellement à l’étude, mais cette dernière contient en moyenne 20% d’amylose, un gélifiant gênant pour la transformation, l’objectif est donc de créer des variétés présentant un amidon plus pur.
Il serait aussi possible de songer à d’autres matières végétales comme le chanvre ou la tomate.
Enfin, une autre solution consiste en l’utilisation des sacs réutilisables : au-delà d’un certain nombre de réutilisation, ces sacs engendrent toujours moins d’impacts négatifs que les sacs jetables, quelle que soit la matière dont ils sont issus. Il est évident que plus l’alternative durable sera utilisée, plus son bilan environnemental sera favorable.
La véritable solution à long terme ne serait donc pas forcément à rechercher dans la composition des sacs mais plutôt dans les changements d’habitude des consommateurs.
|
 |
|
|
|
 |
 |
 |
|
|
 |
|  |
|